Cette rubrique porte peut être mal son nom, car il ne s'agit pas ici de détailler l'art de peindre du Douanier Rousseau. Dans ma tentative de reproduction du tableau le rêve (cf Etapes), ce que j'essaie de faire est une peinture murale et non une fresque. Sans jouer sur les mots, il me paraît nécessaire d'expliciter ces deux techniques.
Avant tout, un bref rappel historique : si je me réfère aux grottes de Lascaux (Dordogne / France), qui ne datent pas d'hier, (puisqu'on estime qu'elles ont été réalisées 15000 ans avant JC), je constate que les premières tentatives de représentation graphique s'effectuent suivant un axe que l'on peut qualifier de vertical.De plus, le support est inamovible. Ne vous imaginez pas que j'habite dans une caverne, mais peut-être y a-t-il en moi un fond d'homme préhistorique.
Les Egyptiens décoraient les bas-reliefs de leurs temples, les Grecs ont laissé également de très beaux ouvrages. Alors que la Renaissance laissait la part belle à la fresque, c'est au début du vingtième siècle que l'expression murale (à tendance sociale) s'exprime à nouveau (notamment au Mexique par Diego Rivera). Les années 60 permettent à New York de faire quelques ravalements de façades grâce à un collectif d'artistes.
Techniquement la peinture murale se distingue de la fresque en ce sens que le mur recevant le décor est sec (les enduits ont terminé leur prise, le peintre ne travaille pas dans le "frais"). Les peintures murales peuvent être réalisées en extérieur comme en intérieur. En règle générale, le décor se fera sur un mur d'une maison d'habitation (c'est à dire chauffé en hiver), et il sera exposé le moins possible aux conditions climatiques difficiles.
Comme vous l'avez remarqué en parcourant la rubrique étape par étape, j'interviens en intérieur. Je me suis assuré de la parfaite planéité du mur, et de l'absence d'humidité. J'utilise de la peinture acrylique. Ses caractéristiques essentielles sont un séchage rapide, une stabilité dans le temps, une évaporation complète. D'autre part, son aspect final est lisse, et la gamme des teintes est très large.
Que ce soit la peinture murale ou la fresque, un décor est souvent reproduit à partir d'un original nettement plus petit. Pour transférer cet original, on procède généralement à la technique du quadrillage (reproduction des grandes lignes du dessin à l'échelle du mur en respectant les proportions). Plus le mur est grand, plus il faudra tenter de corriger les effets d'optique. En effet, les différents angles de vues déforment la perspective.
La fresque, grande spécialité de Fra Angelico (couvent San Marco à Florence), ou Michel-Ange (chapelle Sixtine à Rome) est à tout point de vue extraordinairement complexe à réaliser; après avoir posé l'arriccio (crépi) et l'intonaco (enduit),l'artiste travaille avant que cela sèche. Le dessin (sinopia) est tracé puis les pigments délayés dans l'eau sont appliqués en six heures environ (giornata). Le tout doit être soigneusement réfléchi de façon à ce que les raccords soient les moins visibles !
(illustrations : ces magnifiques décors ne sont malheureusement pas de moi)